Si tu savais comme ça fout le bourdon
Que tu ne souviennes pas mon nom
On se sent à l'écart comme mis à distance
De n'être que le fils sans date de naissance
Celui dont le corps a grandi trop vite
Mais que la tête n'a pas suivi
Je me refais le film de ma dernière visite
Et les jours qui en ont suivi
On ne sait jamais quelle surprise
Nous réserve le passé
Quand la mort pose ses valises
Tous les secrets sont éventés
Dans le Bruit blanc
Derrière le grésillement, entre les crépitements
Dans le Bruit blanc
Des cœurs, des flammes
Est-ce que l'on peut donner chair à des hologrammes
Dans le bruit blanc
La nuit est tombée en pleine journée
Une pluie de cendres s'est abattue
La vie a ses deux extrémités
C'est la dépendance absolue
Le besoin d'être aimé et la peur de ne plus l'être
Le besoin d'être aidé et la peur de ne pas l'être
La chambre de patient devient une fournaise
Quand le silence y prend ses aises
J'ai dévisagé cet enfoiré de médecin
Lui et sa compassion de seconde main
Ces mots d'occasion, ces mots usagés
Ces gestes précis ses silences étudiés
Comme sortis du manuel du croque-mort illustré
Annonce faite à la famille les mains croisées
La voix qui trahit l'habitude, ressassée
c'est un moment qui peut être dur à passer
Dans ce ballet de mines contrites
Mes larmes sont des stalactites
Mon cœur est un tombeau
Pour tous mes disparus
On vient coudre des rideaux
Sur leurs sourcils charnus
Faut cacher les yeux révulsés tout blancs
Éviter le face à face troublant